• Réinventons l'humanité

    JACQUARD Albert. Réinventons l'humanité. Editions Sang de la Terre, 2013.

    Fiche de lecture proposée par Gaël DRILLON 

    Que d'originalité dans ce livre court et facile à lire... Ce n'est finalement pas étonnant devant un trio d'auteurs très hétéroclite ! Albert JACQUARD, auteur principal, généticien de profession et scientifique reconnu, mais qui nous prouve ici ses qualités de philosophe de la vie. Hélène AMBLARD, journaliste et écrivain, militante d'une éducation populaire au sein de l'association Tikjda, guide A. JACQUARD dans ses réflexions... Et Serge LATOUCHE, Professeur émérite d'économie, philosophe à ses heures aussi, termine cet opus par une postface évidente ! Alors comment se fait-il que, devant l'évidence, après une démonstration précise de ces auteurs aux qualifications reconnues, l'aveuglement demeure sur la situation du monde, sur le devenir de notre humanité. D'autant que d'autres auteurs ont déjà alerté et déjà démontré ! De quoi parle t'on... de la finitude de notre espèce ! Et donc de notre capacité à vivre dans des conditions raisonnables pour ne pas accélérer cette fin certaine. 

    Réinventons l'humanité

    JACQUARD Albert. Réinventons l'humanité. Editions Sang de la Terre, 2013.

    Fiche de lecture proposée par Gaël DRILLON

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    Que d'originalité dans ce livre court et facile à lire... Ce n'est finalement pas étonnant devant un trio d'auteurs très hétéroclite ! Albert JACQUARD, auteur principal, généticien de profession et scientifique reconnu, mais qui nous prouve ici ses qualités de philosophe de la vie. Hélène AMBLARD, journaliste et écrivain, militante d'une éducation populaire au sein de l'association Tikjda, guide A. JACQUARD dans ses réflexions... Et Serge LATOUCHE, Professeur émérite d'économie, philosophe à ses heures aussi, termine cet opus par une postface évidente ! Alors comment se fait-il que, devant l'évidence, après une démonstration précise de ces auteurs aux qualifications reconnues, l'aveuglement demeure sur la situation du monde, sur le devenir de notre humanité. D'autant que d'autres auteurs ont déjà alerté et déjà démontré ! De quoi parle t'on... de la finitude de notre espèce ! Et donc de notre capacité à vivre dans des conditions raisonnables pour ne pas accélérer cette fin certaine. Et le constat est sans appel, et connu de ceux qui partagent cette même clairvoyance et conscience du monde : la croissance tue l'humanité à grand pas. Le tout dernier rapport du GIEC sur le climat (mars 2014) va également dans ce sens, sous l'angle de la déterioration de nos ressources vitales et des guerres de la faim et de la soif.

    # Avant propos

    Au-delà d'exister, c'est-à-dire sauver notre planète de la folie libérale et individualiste, nous pouvons exercer / réinventer notre humanité brisée par le contrôle de la finance (cf. art. 1 de la constitution : naissent libres et égaux en droits). Réinventer l'humanité est un processus perpétuel. C'est une adhésion collective, un choix pour la fraternité. Réinventer l'humanité, c'est ce réorienter collectivement sur Terre, dans le respect de la planète et des uns et des autres.

    # Le fleuve Rhône

    Ex. de déshumanisation volontaire : idée louable > faire de l'éelctricité à partir de la force de la nature. Mais ce bien commun est privatisé autour d'une compagnie nationale du Rhône... et aujourd'hui nous payons cette électricité ! De plus, le fleuve n'est plus accessible > perte du lien et éloignement avec la beauté et les opportunités liées au fleuve.

    # A qui appartient la Terre La Terre est nature : elle n'appartient à personne. L'humanité n'est possible que sur la Terre. C'est donc plutôt l'humanité qui fait partie de la Terre sans toutefois lui appartenir car c'est pas essentiel. C'est nous qui faisons l'humanité : l'humain fait l'humanité et ne peut le faire que sur Terre.

    # Pechpeyrou La vérité est multiple... l'erreur est de vouloir imposer sa vérité comme unique raison. L'avenir réside dans notre capacité à faire cohabiter plusieurs vérités.

    # Nature et humanité : origines de l'appropriation L'équilibre entre nature et humanité est mis en tension par le concept de propriété individuelle et sa monétarisation. La nature est un bien commun, qui n'appartient à personne et à tous. Cette approche désintéressée, focalisée sur l'esthétisme de la nature, sa poésie, est la seule voie pour trouver l'humanité.

    # Intrusion Et si finalement la Terre (et non pas le foncier) appartenait à la nature : si finalement l'intrus, c'était l'homme !?

    # Dérives et dérapages Le concret à laisser la place au fictif et le monde est géré par la finance irréelle, hors de la nature. L'esclavagisme qui en résulte est encore plus inadmissible qu'il est masqué et accepté ! La recherche du pouvoir de l'énergie à fabriquer la bombe atomique, faire le choix de son maintient : c'est accepter qu'elle soit utilisée un jour. La situation en Israël est très illustrative du problème de propriété. 2 réalités qui s'opposent dans le sang, alors qu'elles pourraient bâtir ensemble. Nul doute que la voie soit la propriété de chacun, donc 2 pays, à défaut d'une appropriation collective. Pas de minorité : un humain est un humain > déclaration universelle des droits de l'homme. Dans cette même déclaration, la propriété n'est pas un droit absolu : elle ne l'est plus si elle compromet l'intérêt commun. Et la financiarisation musèle toute expression d'humanité.

    # Un territoire Chacun a conscience de son territoire et est acteur de ce territoire... mais cette conscience peut varier pour 2 acteurs voisins.

    # Economie, crise et mutation

    L'humanité est une chose dynamique en perpétuelle construction, toujours inachevée. Donc l'appropriation aussi... L'économie n'est pas naturelle : elle est culturelle parce que propre à l'homme. Donc il n'y a pas de crise. La valeur n'a pas de sens en soi. Elle n'existe que par la confrontation de plusieurs perceptions et besoins. Nous ne vivons pas une crise mais une mutation. Mais c'est difficile de l'accepter et de lui donner sens et consistance : c'est l'inconnu ! alors que la crise renvoie au retour du passé, de l'état initial. Il faut donc anticiper ce changement, pour l'accompagner plus que le subir.

    # Avoir pour être

    L'appropriation est une aventure humaine collective passionnante. La propriété n'est qu'un acte isolé et temporaire !

    # Avenir

    Les cultures primitives doivent nous inspirer, car elles n'ont pas le concept de propriété individuelle... et nous sommes tous les primitifs d'autres. Tout n'est que relativité.

    # Habiter quelque part

    Ce lieu m'appartient plus que mon chez moi parce que je l'habite pleinement, émotionnellement.

    # Un gouvernement mondial ?

    Aujourd'hui, nous subissons une culture mondiale (coca-cola)... pourquoi ne pas décider d'une autre culture mondiale, autour du bien commun qu'est la nature. Repenser l'accès aux énergies naturelles pour tous : ce n'est pas de l'utopie, c'est une volonté.

    # Destinations

    Ce qui nous unit, c'est l'universel.

    # Infinitude et droits de l'homme

    La finitude de l'humanité, jusqu'alors inapparente, devient évidente (cf. rapport du GIEC sur le climat de mars 2014). avec 9 milliards d'homme et de femme sur une planète qui s'use plus qu'elle ne se régénère. L'infini, c'est le hasard des rencontres qui engendre la procréation de l'indéfini, de l'unique et de l'aléatoire.

    # Démiurges et Prométhée

    La grande usine marémotrice du Mont-Saint-Michel a un impact planétaire. Elle produit plus d'électricité pour la France, mais comment savoir que cela n'influe pas sur les marées et donc le ralentissement de la rotation de la planète. Cela dépend de moi. Il faut une pensée politique planétaire, nous n'avons plus le choix.

    # Fraternité : vers une pratique d'humanité

    Ce qui fait l'enfant, c'est la société ; c'est elle qui est la source de l'aléatoire (ou pseudo...). Nous sommes tous une partie des autres : donc fraternels ! Le rôle du père est docn plus fraternel qu'il n'y parait : accompagner dans l'émancipation directif sans être privatif ni oppressif. Un être est un occupant provisoire de l'humanité.

    # De l'équation du nénuphar à la sagesse de l'escargot (postface)

    Une croissance infinie est incompatible avec une planète finie.

    # L'équation du nénuphar

    " On plante un nénuphar dans un grand lac. Ce nénuphar à la propriété héréditaire de produire chaque jour un autre nénuphar. Au bout de 30 jours, la totalité du lac est recouverte de nénuphar par les descendants du premier et l'espèce entière meurt étouffée, privée d'espace et de nourriture ". La moitié du lac est couverte le 29è jour, soit la veille du désastre (car double chaque jour) ! Le 25ème jour, seulement 3,14 % du lac est couvert... Quand s'opère la prise de conscience ? Avec 3 % de croissance moyenne par an, la fin de notre civilisation serait pour 2070 selon le Club de Rome. Une croissance qui n'est plus soutenable est une excroissance. Des modélisations indiquent que l'homme a besoin de 2,2 hectares d'espace bioproductif : le seuil de 1,8 milliards d'hectare soutenable est déjà largement dépassé avec de fortes inégalités (9,6 hectares pour 1 américains vs 5,26 pour 1 français vs 3,8 pour un italien), selon WWF.

    # La raison géométrique et le raisonnable

    Les mathématiques ont malheureusement servi à modeler une part de notre humanité, à justifier des choix soi-disant logique et plutôt rassurant. La croissance même infime fait partie de ces modèles alors même qu'un enfant pourra comprendre que le développement infini est impossible dans un écosystème fini. Dans ces conditions, la sagesse de l'escargot reprend de la valeur : lenteur et décroissance (spirale qui diminue pour éviter surcharge) face à la déraison du nénuphar.

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