• Qu'est-ce que le bien commun ? par Noam Chomsky

    Qu'est-ce que le bien commun ? par Noam ChomskyNoam Chomsky propose un éclairage plus que pertinent sur les (biens) communs, dans son essai : Quelle sorte de créature sommes-nous ?, aux éditions Lux.

    Extraits et échos de ma lecture... mais bien entendu, un parcours plus fluide dans cet essai permettra de saisir toutes les nuances de cette réflexion sur les biens communs.

    Sortir du marasme actuel... sortir d'une vision politique de droite comme de gauche qui nous conduit dans le mur ! C'est le point de départ. Les extrêmes de tous genres s'engraissent de cette souffrance latente et de cette colère qui monte face aux injustices. Alors comment faire pour en sortir ?

    L'auteur fait le choix de s'intéresser aux contextes : sociaux, culturels, et institutionnels. Parce que nous sommes des êtres avant tout sociaux ! Ce sont donc les formes d'organisation qui sont au coeur de la réflexion de Noam Chomsky dans cet essai ; ces organisations propices à la reconnaissance des droits et du bien être, au bien commun.

    Les évidences en la matière s'appuient sur des principes éthiques a priori partagé par tous... et pourtant trop souvent mis de côté. Les droits des personnes, par exemple, défendus quasiment universellement et bafoués par des monstres sanguinaires ou des démocraties modernes qui n'ont plus honte de barrer la route aux libertés fondamentales sous de faux arguments.

    Noam Chomsky s'appuie sur les travaux de John Stuart Mill et de Wilhelm Von Humboldt pour confirmer l'importance absolue du développement humain, dans toute sa diversité. Un principe qui résonne dans le rôle des institutions, y compris les institutions privées (l'entreprise), à garantir ce développement. Et de préciser que les hommes sont façonnés petit à petit par leurs emplois et activités : les pauvres laborieux, c'est-à-dire la grande masse du peuple, tomberont dans cette ignorance générée par l'abrutissement d'opérations simples et répétitives, sauf à ce que les gouvernements ne s'efforcent de le prévenir.

    Notre attachement au bien commun devrait donc, selon l'auteur, nous conduire à favoriser, dans tous les espaces d'agir, l'emploi de l'intelligence humaine et collective. Faisant référence à Adam Smith et à sa théorie des sentiments moraux (l'homme s'intéresse à la bonne fortune d'autrui qui lui est nécessaire pour son propre bien être), Noam Chomsky établit un lien entre humanisme et anarchisme, celui-ci étant la manifestation d'une lutte évidente pour les idéaux humains oubliés par le socialisme néo-libéral.

    Au-delà de la perception anti-sociale admise, l'anarchisme prend ici la résonance de tous les mouvements de défense des droits humains et de coopération sociale, qui milite notamment contre l'enfermement de l'intelligence collective par les puissants gouvernants. L'anarchisme, comme l'indique Nathan Schneider, est alors synonyme de " remodeler par la base ". et cela va de soi : pourquoi défendrions nous des institutions illégitimes qui font barrage à l'agir commun et à l'intelligence collective ? Il faut résister aux dérives de la technocratie !

    Cette utopie de l'alliance entre groupes d'hommes et de femmes libres, fondée sur la coopération dans le travail et une administration des choses dans l'intérêt de la communauté (Rocker) ne demande alors qu'à émerger. Des exemples localisés existent... reste à l'étendre à l'échelle d'une civilisation, dans la sphère publique (administrations) autant que dans la sphère privée (entreprises). Le rôle de l'Etat dans cette approche serait d'assurer la protection des personnes, de la société et de la Terre, notre patrie à tous.

    Dans notre civilisation où la majorité est sans voix, force est de constater que ces évidences restent une vaine utopie démocratique. C'est la ploutocratie ! Certes, une liberté de façade dans des pseudo-choix nous donne l'illusion de liberté... mais la réalité est un contrôle asservissant des grandes fonctions de coopération (média, connaissance, communication, banques...) par quelques riches puissants seulement.

    Transposé dans le contexte de l'éducation et du travail, l'auteur dénonce une pratique consistant à préparer nos jeunes à la production avec rendement plutôt qu'à l'émancipation individuelle et collective. Dewey, dans le même esprit que Noam Chomsky évoque le passage d'un ordre social féodal à un régime démocratique où la coopération contrôlée par les citoyens serait le coeur. Ici, il apparaît clairement que le capitalisme actuel est une transfiguration de cette ploutocratie dans notre quotidien : contrôle de nos vies, esclavagisme déguisé, " travailler et recueillir un salaire suffisant, tout juste pour retenir jour par jour la vie dans vos membres, comme dans une cellule destinée à l'usage de vos tyrans ".

    Au final, Thomas Jefferson (nous rappel Noam Chomsky) avait bien résumé les choses : les aristocrates craignent le peuple, s'en méfient et sont portés à vouloir lui retirer tous les pouvoirs pour les placer entre les mains des classes supérieures, tandis que le démocrates s'identifient avec le peuple, ont confiance en lui, l'estime être le dépositaire le plus honnête et le plus sûr, sinon le plus sage, des intérêts publics.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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