• Plaidoyer pour une révolution du commun

    Le commun, c'est le résultat d'une co-décision, mais aussi la coopération elle-même à décider et à appliquer cette décision. Par exemple, l'eau est un commun par ce qu'elle ne doit appartenir à personne (ce n'est pas un bien commun qui sous-entend acte de propriété) ; mais étant vitale pour tous (usage), l'eau doit être gérée et protégée par tout le monde, pour tout le monde, de manière juste.

    A travers ce plaidoyer, j'appelle à une révolution du commun, pour traduire mon utopie de manière concrète dans notre civilisation. Des contributions étoffées nous montrent la voie (cf. références et sources)...

    Nous, citoyens, sommes seuls responsables d'agir ou d'abandonner l'avenir à d'autres.

    Commun. C'est une évidence en matière de (bien) vivre ensemble, ce à quoi notre civilisation est obligée. Mais c'est surtout un principe qui doit se traduire dans nos démocraties, autant dans leurs institutions que dans toutes les variétés d'agir politique. Le(s) commun(s) est(sont) l'agir en même temps que le résultat de cet agir. Il s'agit d'un principe de co-production par la délibération et la législation des règles de vie qui s'appliquent à tous ceux qui poursuivent une même fin. Autrement dit, le(s) commun(s) est(sont) ce pour quoi nous sommes tous co-responsables, donc pour le(s)quel(s) nous avons tous une co-obligation de décision et de coopération (1).

    Nous ne parlons pas, ici, de biens communs. L'eau est un commun, par exemple, par ce qu'elle ne doit appartenir à personne. Mais ce n'est pas un bien commun qui sous-entend un acte de propriété public ou privé. Etant vitale pour tous (usage), l'eau doit être gérée et protégée par tout le monde (politique), pour tout le monde, de manière juste.

    Le commun est bien d'un nouveau modèle de pensée pour sauver nos démocraties.

    L'utopie, c'est rêver un futur souhaitable et le mettre en oeuvre

    Et en pratique, ça donne quoi ? Ne serait-ce pas là une nouvelle utopie sans lendemain ? Non, au contraire, des communs émergent déjà, ici et là. Soulignons d'ailleurs que l'accusation de folle utopie est le seul refuge pour des dominants acculés (gouvernements, lobbying capitaliste), face à des dominés porteurs d'alternatives réalistes, réalisables et réalisées. L'utopie, c'est rêver un futur souhaitable et le mettre en ordre de marche. C'est l'objet même de ce plaidoyer, et c'est possible !

    La ville de Naples (Italie) dispose aujourd'hui d'un gouvernement communal de l'eau, où les citoyens ont autorité à côté des experts et des représentants de la municipalité (2). Autre territoire, autre exemple qui marche : l'Islande a accueilli une grande coopération citoyenne pour rénover sa constitution (3). Et plus près d'ici, en France... comment pourrions-nous oublier notre modèle de Sécurité Sociale de 1945 (4), où la solidarité est confiée à l'autorité et à des organismes du dialogue social (ce qui tend à changer depuis les réformes de 1996 et de 2004). Évoquons aussi cette S.C.I.C. (Société Coopérative d’Intérêts Collectifs) produisant une information indépendante sur le monde (5)... ou encore la communauté informatique dite " open source " et les nombreux contributeurs de l'encyclopédie Wikipédia, qui bâtissent un savoir commun libre de toute propriété... et ces jardiniers du dimanche qui se réapproprient, en commun, des friches du quartier des Vergnes (Clermont-Ferrand - Auvergne) pour produire des fruits et des légumes (6)...

    " Un lever du soleil qui, dans un éclair, dessine en une fois la forme du monde nouveau "

    L'époque et ses crises à facettes, économiques et sociales (inégalités entre le 1% des plus riches et les 99% autres, chômage) (7), climatiques (réchauffement planétaire et catastrophes météorologiques), écologiques (Fukushima qui continue de déverser son poison dans l'océan), sanitaires (virus Ebola, cancers, inégalités de santé) (8), et politiques (TAFTA - TTIP, conflits d'intérêts, lobbying) (9)... nous obligent à tout reprendre à la racine. Il faut une révolution du commun ! C'est l'appel que je lance à travers ce plaidoyer.

    Cette révolution pacifiste et citoyenne est la seule voie pour sauver notre civilisation du naufrage. C'est le chemin de l'espérance que je choisis alors que tout s'écroule, ici et ailleurs (10 et 11).

    Objectons immédiatement contre l'accusation (encore une) de révolutionnaire, propre aux pouvoirs en place qui perçoivent le danger pour eux-mêmes d'une remise en cause des modèles de pensée. La révolution signifie l'entrée de l'essentiel de la communauté dans une phase intense d'activité politique pour changer les institutions de notre civilisation. C'est une auto-transformation de notre civilisation, dans un temps court : rien de moins, rien de plus. " Ainsi l'esprit qui se forme mûrit lentement et silencieusement jusqu'à sa nouvelle figure, désintègre fragment par fragment l'édifice de son monde précédent ; l'ébranlement de ce monde est seulement indiqué par des symptômes sporadiques ; la frivolité et l'ennui qui envahissent ce qui subsiste encore, le pressentiment vague d'un inconnu sont les signes annonciateurs de quelque chose d'autre qui est en marche. Cet émiettement continu qui n'altérait pas la physionomie du tout est brusquement interrompu par le lever du soleil qui, dans un éclair, dessine en une fois la forme du monde nouveau ", disait Hegel (12). Et bien nous y sommes. Ne laissons pas d'autres idéologies fascistes, sectaires et xénophobes faire leurs révolutions.

    Citoyens, il faut reprendre la main et faire cette révolution du commun.

    La révolution du commun : pour quoi

    Une révolution pour quoi... Partageons quelques pistes venues d'ailleurs (1), et constituons un pilier essentiel qui est un commun politique partagé pour préparer cette révolution et la mettre en oeuvre : il faut activer la co-décision citoyenne à tous les niveaux, et basculer d'une démocratie représentative à bout de souffle vers une démocratie citoyenne véritablement participative.

    Au-delà de ce socle incontournable, d'autres pistes peuvent d'ores et déjà être imaginées et déployées :

    • Il faut confier la garde des communs à ceux qui en sont les responsables et les usagers, c'est-à-dire supprimer tous les titres de propriété publique et privée sur les communs.
    • Il faut élargir le principe du commun à la sphère du travail, pour basculer d'une coopération forcée vers l'agir commun émancipé (affranchi de tout préjugé et contrainte, qui ne s'embarrasse pas des conventions morales, et qui est en pleine capacité de pensée libre et objective) ; pour cela, il faut instituer l'entreprise commune où l'autorité serait une co-obligation des salariés, des actionnaires et des partenaires de proximité, dont les territoires.
    • Il faut soutenir durablement les expériences d'économie sociale et solidaire, au détriment assumé des modèles capitalistes actuels, sans pour autant freiner l'émergence d'autres innovations en matière de commun dans la sphère économique.
    • Le modèle de gouvernance de l'action publique doit être rénové, au profit de fédérations thématiques et/ou territoriales dont l'autorité serait confiée à des assemblées de citoyens concernés et impliqués, ces fédérations étant articulées entre elles pour une juste et efficace répartition des compétences (le pouvoir restant concentré en proximité) :

    - Fédération communale (le village)...

    - Fédération territorial (le bassin de vie élargi)...

    - Fédération nationale de la Sécurité Sociale...

    - Etc...

    • Il faut diffuser cette révolution du commun à l'échelle internationale, et au premier chef au sein des sociétés européennes en abandonnant rapidement une Union factice, sans coopération, ni solidarité citoyenne, et pour entrer durablement dans une fédération unie et responsable de l'avenir commun de la civilisation européenne.

    Bien entendu, de nombreuses autres idées sont à prendre en compte dans cette révolution : en matière d'éducation, de culture, d'aménagement urbain, d'alimentation... (13). D'autres initiatives convergent aussi dans le sens de ce plaidoyer (14, 15 et 16) : il faut les relier les unes aux autres.

    La révolution du commun est en marche ! Ne la laissons pas s'évanouir ! Rejoignez-nous pour constituer la première assemblée citoyenne et lancer ce mouvement instituant : gaeldrillon - (a) - gmail.com

     

    1 / Co-produire notre révolution, en mode " convention de citoyens " : __sciencescitoyennes.org_conferences-de-citoyens-eclairage.pdf # projetloi1206-2.pdf

     

    2 / Ecrire notre utopie ;

     

    3 / Légiférer et adopter notre nouveau modèle de pensée, via le référendum d'initiative partagée > referendum-d-initiative-partagee-en-france-1.01.2015

     

    Réflexions en cours :

    Création de fédérations, dont la fédération nationale au sein de laquelle un président élu par les membres de la fédération, parmi les membres de la fédération, deviendrait président de la République fédérative de France (suppression de l'élection présidentielle actuelle : http://www.laviedesidees.fr/Pour-en-finir-avec-l-election.html) ;

     

    * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * *

    Références et sources d'inspirations :

    (1) DARDOT Pierre et LAVAL Christian. Commun : essai sur la révolution au 21è siècle. Editions de La découverte.

    (2) http://www.rampedre.net/implementation/themes/eau_bien_commun_et_droit_à_l_eau

    (3) http://www.lemonde.fr/europe/article/2012/10/20/les-islandais-se-prononcent-sur-une-nouvelle-constitution-ecrite-par-des-gens-ordinaires_1778275_3214.html

    (4) DE MONTALEMBERT Marc (dir.). La protection sociale en France. Editions de La documentation française.

    (5) http://www.altermondes.org/

    (6) DAUBARD Olivier (dir.). Jardins en portraits. Editions de la ville de Clermont-Ferrand

    (7) STIGLITZ E. Joseph. Le prix de l'inégalité. Editions Les liens qui libèrent.

    (8) SEN Amartya. L'idée de justice. Editions Flammarion.

    (9) http://gdrillon.id.st/petition-europeenne-contre-tafta-ttip-tisa-et-ceta-a113038588

    (10) HESSEL Stéphane. Indignez-vous ! Editions Indigène.

    (11) HESSEL Stéphane et MORIN Edgar. Le chemin de l'espérance. Editions Fayard.

    (12) HEGEL. Phénoménologie de l'esprit. Editions Aubier-Montaigne.

    (13) MORIN Edgar. La voie pour sauver l'humanité. Editions Fayard.

    (14) http://www.transitioncitoyenne.org/

    (15) http://www.m6r.fr/

    (16) http://www.nouvelledonne.fr/

     

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