• 4 milliards d'humains sans Sécu... et demain, nous !

    Réaction vive à la suite de la publication de 2 rapports sur la Sécurité Sociale, par la Cour des comptes et l'Organisation internationale du travail. A lire absolument sir votre santé vous intéresse, si la précarité vous insupporte, si votre retraite vous inquiète, et si le chômage vous détruit vous ou vos proches !

    L'avenir de l'Assurance Maladie ! Rien de moins. C'est l'objet du rapport de la Cour des Comptes (1), en cette fin novembre 2017 (rapport public thématique, entités et politiques publiques). Ce rapport est très intéressant : cela ne fait aucun doute. D'abord dans son ambition affichée en préambule des recommandations finales : " pérennité et universalité de notre système d'Assurance Maladie ". Ensuite, parce qu'il livre (encore) un diagnostic assez fin de la situation, et qu'il soulève ce faisant de vrais points de débat.

    Mais attention à cet effet de surface... Car une vision extrêmement dangereuse de l'Assurance Maladie est sous-jacente dans l'ensemble du rapport. C'est dit d'ailleurs dès le sous-titre : " Assurer l'efficience des dépenses, responsabiliser les acteurs ". L'objectif est clairement de renforcer la rationalisation des dépenses, et de reprendre la main sur le contrôle des acteurs du système. Nous pouvons le comprendre à la lecture des recommandations.

    La preuve par la recommandation n° 1 qui vise à introduire une règle d'équilibre de l'Assurance Maladie dans le cadre des lois organiques. Sous-entendu, il va devenir illégal d'avoir un déficit... et on fait quoi quand le budget est dépassé ? On arrête de sauver des vies ? Par contre, rien n'est dit dans le rapport sur l'opportunité de débattre collectivement de l'assiette des ressources (richesses prises en compte), des taux de contribution (justice sociale), et de la lutte contre la fraude (ressources perdues). Car ce qui est politique, donc nous concerne tous, c'est bien de savoir quelle part de nos richesses nous souhaitons consacrer à notre Sécurité Sociale, et quelle Sécurité Sociale nous choisissons de financer ainsi.

    La recommandation n° 3, qui pose les bases d'un ONDAM territorialisé, ouvre la porte à une forme de discrimination géographique et/ou à des situations d'inégalité géographique. Laissons à la cour des comptes le bénéfice du doute, en lui accordant du temps pour préciser ce point. Mais une grande vigilance doit entourer ce type de mesure.

    Plus dangereux encore, la recommandation n° 5 acte le principe d'un transfert entre l'Assurance Maladie Obligatoire (publique) et l'Assurance Maladie Complémentaire (privée). La voie de la privatisation est tracée, ce qui va conduire inévitablement à une hausse des primes de nos mutuelles, donc aux inégalités d'accès aux soins.

    Enfin, et pas des moindres, les recommandations n° 16 et 17 veulent transformer l'Assurance Maladie en une administration d’État placée sous la tutelle d'une Agence nationale de santé ! C'est acter le choix d'un bien public, avec gouvernement autoritaire par l'élite, en lieu et place de notre modèle historique de bien commun, avec gouvernement par la démocratie sociale. C'est une régression énorme en terme de vie politique et de responsabilisation à la chose commune. C'est aussi une autre voie ouverte pour, dans un avenir proche, par délégation de service public, privatiser toujours l'Assurance Maladie.

    Encore une fois, la Sécurité Sociale est mise en débat sous l'angle économique et par le chiffre. Si ce rapport présente l'intérêt de relancer le débat, il ne le fait pas avancer dans le sens de l'innovation sociale et de l'utilité sociale. Au contraire, ce rapport annonce une régression majeure et la mort définitive de notre héritage du Conseil National de la Résistance.

    Plus que jamais, il est urgent de nous mobiliser sur le thème de la Sécurité Sociale, et de lancer la résistance et la révolution pour : une vraie justice sociale ; l'égalité vis-à-vis de ce droit humain avec l'universalisation des prestations et d'un revenu socle ; une démocratie sociale réinventée qui implique vraiment les citoyens. Car ce rapport pourrait bien être le signe avant coureur d'un projet gouvernemental déjà dans les cartons ! Par Jupiter ! Nier ainsi le socle fondamental de notre fraternité et de la cohésion sociale, c'est jouer avec les pouvoirs des dieux de l'Olympe, sans endosser la sagesse nécessaire que cela exige.
     
    D'ailleurs, l'OIT (Organisation Internationale du Travail) publie dans le même temps un rapport (2) tout aussi intéressant sur la Sécurité Sociale dans le monde. 4 milliards d'êtres humains ne bénéficient d'aucune Sécurité Sociale, c'est à dire 55% de la population mondiale. Mais surtout, retenons de ce rapport que la Sécurité Sociale est un droit humain (première phrase du rapport de l'OIT !). Les Etats membres de l'Assemblée Générale de l'ONU se sont engagés en 2015, dans le cadre des objectifs de développement durable, à " mettre en place des systèmes et mesures de protection sociale pour tous... ", et certainement pas à les détruire, par Jupiter (toujours) !
     
    L'OIT s'inquiète notamment des politiques d'assainissement budgétaire (comme en France) qui réduisent trop fortement l'utilité sociale au profit d'une rentabilité économique immédiate. C'est une stratégie de court terme, qui déstabilise les fondements du développement durable.
     
    Bref, mon projet d'initiative citoyenne européenne pour Une Sécurité Sociale Universelle en Europe prend tout son sens à la lumière de ces 2 rapports. Aidez-moi si le coeur vous en dit, mais surtout si vous ne voulez pas basculer du côté des 55% de terriens sans Sécurité Sociale : www.psue-initiativecitoyenne.blogg.org
     
     
     


     

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